Igloo Records & Silent Water – Au Werkplaats Walter

Rendez-vous un peu particulier ce jeudi soir au Werkplaats Walter à Anderlecht où Igloo Records avait invité le public à (re)découvrir les toutes premières pépites artistiques du label.
En effet, Igloo a été un pionnier de la scène musicale avant-gardiste en proposant d’enregistrer, au mitant des années ’70,  des œuvres de Jean-Paul Ganty, André Stordeur, Jacques Lizen et autres Maximalist!.

Ce sont donc ces morceaux de poésies sonores, de musiques improvisées ou d’électro expérimentales qui vont être rééditées pour notre plus grand plaisir (toutes les bandes originales ont été « nettoyées » et « remasterisées » par Daniel Léon, pour une qualité sonore optimale).
Pour le coup, Igloo en a profité pour collaborer avec le label de musiques non moins aventureuses et toujours passionnantes (et qui s’obstine à rester loin du « système classique ») : Silent Water.

Son fondateur, le pianiste italien Giovanni Di Domenico, propose donc de « revisiter » l’esprit de ses ainés en version piano solo.
En trois ou quatre grands mouvements, il explore et partage les émotions. Un motif obsédant d’abord, fait de flux et reflux, sur lequel il dépose des bribes de mélodies, puis un autre, plus enlevé, qu’il bouscule de notes dissonantes. Puis il improvise, accélère, attend… passe du côté sombre et ténébreux de la musique. Giovanni peint un tableau abstrait et minimaliste à la fois, aussi lumineux que sépulcral. Interpellant.

Après une courte pause, c’est le trio portugais Peachfuzz qui propose sa musique largement (totalement ?) improvisée.
C’est un échange perpétuel entre les trois musiciens. Une recherche de dialogues sur les sons et les vibrations, parsemés de brefs motifs atonaux. Le guitariste Norberto Lobo, se tortille sur sa chaise. Il n’a pas assez de ses quatre membres pour extraire de son instrument des sons distordus, saturés et trafiqués. Joao Almeida lui répond à la trompette. Ça couine, ça glisse, ça pince. Joao Lopes Pereira, aux drums, utilise gros balais et mailloches pour faire souffrir peaux et cymbales.

C’est ardu mais assez fascinant.
Doit-on aimer cette musique oui ou non ?

Non, parce qu’elle est très abstraite et hermétique. Parce qu’elle nous perd. Parce qu’elle ne nous implique pas (ou simplement parce qu’on n’en saisit pas tout le langage). Parce qu’on n’a pas tous les codes…
Et oui. Oui.
Oui ! Pour toutes ces mêmes raisons.

Alors, merci pour ce rappel, Igloo et Silent Water.

A+

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