Shijin à la Jazz Station

Je me plaignais de ne pas voir assez souvent Malcolm Braff en Belgique et voilà que, coup sur coup, le pianiste suisse passe par Bruxelles et exhausse ainsi mes vœux !

Après son excellent concert en trio au Théâtre Marni le mois dernier, le voici de retour avec le groupe Shijin dans lequel on retrouve le saxophoniste Jacques Schwarz-Bart, venu tout droit de Boston, le batteur Stéphane Galland, en direct de Bruxelles et le bassiste français Laurent David, instigateur du projet. Bref, une belle bande de cogneurs à la Jazz Station qui, comme d’habitude, a fait le plein !

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Shijin est un pari tout aussi audacieux qu’excitant. Si les musiciens se connaissent depuis longtemps – ils ont joué chacun ensemble mais dans des projets différents – le quartette s’est formé très récemment et le travail s’est fait de manière assez originale. Laurent David et Stéphane Galland ont d’abord posé des bases rythmiques, qu’ils ont envoyés à Malcolm et Jacques qui, chacun chez soi, ont composé des mélodies. Ce travail à distance s’est concrétisé physiquement la veille des premiers concerts ! Dans le genre «saut dans le vide», c’est pas mal, car sur une musique assez complexe – on connait nos gaillards – la gageure est osée. Il en résulte un jazz assez «brut de décoffrage», très énergique et organique, très écrit mais laissant pourtant beaucoup d’espaces aux musiciens.

Dès le début, le ton est donné – même si l’on commence en «douceur» – et les multiples couches rythmiques et métriques s’enchevêtrent rapidement sur une fausse ballade que le groupe finit par faire exploser. Fidèle au «concept» qui a abouti à Shijin (une symbolique orientale qui fait référence aux quatre points cardinaux), le travail d’individualités collectives, comme le définit Laurent David, nous emmène aux quatre coins du monde. On passe de la biguine à la musique sud-africaine, des rythmes incantatoires vaudou aux danses chaloupées du Brésil, des polyrythmies complexes et insensées aux efficaces binaires disco…

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Ici une intro de Malcolm Braff, ferme et percussive et là une autre de Jacques Schwarz-Bart toute en apesanteur, avec un léger delay…

Et puis ça claque ! Ça groove et ça danse de façon bancale, c’est full energy, avec un soupçon de funk soul à la Thundercat, des relents de blues crasseux…

Et puis il y a ces métriques changeantes, ces breaks, ces changements de directions soudains, ces prises de paroles péremptoires et abruptes. Il y a le jeu hyper dense et touffu de Galland, les envolées fiévreuses de Schwarz-Bart à la limite de la cassure, la basse galopante de David. Et pour corser le tout, Malcolm Braff s’ingénie, entre le piano et le Fender Rhodes, à échantillonner et trafiquer les sons du piano et du sax en live.

Le groupe expérimente et fusionne les styles et les genres. Et tout cela tient ! Comme par miracle.

Shijin, n’en est qu’à ses débuts et sans doute que les futurs concerts vont encore affiner les idées et affûter les complicités. Ça promet.

On attend donc la suite avec impatience.

 

 

 Merci à ©Olivier Lestoquoit pour les images.

 

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