Stephan Pougin – Au Théâtre Marni

Dernier concert de la série consacrée aux percussionnistes dans le cadre du Festival Marni Jazz  2021-22. Après Chris Joris, Michel Seba, Frédéric Malempré et Etienne Plumer, c’était à Stephan Pougin que revenait le privilège de clore ce très beau tour d’horizon de fabuleux rythmiciens.

Stephan Pougin, on l’a entendu surtout en sideman avec Steve Houben, Jacques Pirotton, Orchestra Vivo, Mikis Théodorakis, Pirly Zustrassen, Panta Rhei, Rêve d’Eléphant Orchestra et tant d’autres (on le retrouve sur une centaine de disques).

Cette fois-ci c’est lui qui est au-devant de la scène. Enfin, devant mais derrière sa batterie et un set (pas trop envahissant) de percussions : cymbales, woodblocks, congas, bongos ou tambourins. C’est pourtant avec une paire de cuillères qu’il démarre le concert. C’est surprenant ce que l’on peut faire de musical avec des couverts (alors que moi, je me fais engueuler depuis ma plus tendre enfance dès que je frappe couteaux et fourchettes sur des assiettes, verres et casseroles).

Mais Stephan n’est pas là pour faire une démonstration. Ce qu’il propose ce soir est une musique étonnamment délicate et raffinée. Il a bien composé quelques très beaux morceaux mais il a surtout laisser la main à Johan Dupont, qui écrit comme il respire.

Ils sont donc trois sur scène : Stephan, Johan Dupont au piano et à la trompette (!!) et Bo Waterschoot à la basse électrique.

« Spider Party » sonne comme une marche joyeuses, rappelant parfois celles que l’on entend à la Nouvelle-Orléans. « The child » (?) est plus lyrique, mais très enlevé et optimiste, et qui permet à Bo Watershoot de développer un jeu aussi souple que virtuose sur sa basse à six cordes.

Stephan Pougin utilise les percussions de façon très douce, lui-aussi. En utilisant brosses, mailloches, fagots, ses mains nues ou de fines baguettes il délivre un son souvent ouaté, aux reliefs délicats.

Tout cela ne manque certainement pas de brillance ni d’éclats. « Watermill », par exemple, se décline sur une rythmique riche, chaleureuse et solaire. Les impros s’enchaînent et l’humour est souvent présent.

Au piano, Johan Dupont est éblouissant. C’est un mélodiste hors pair qui sait injecter de la folie dans son jeu. Parfois stride, parfois romantique, il insère de temps à autres des phrases orientales, des accords contemporains ou s’amuse avec les rythmes impairs pour raviver l’ensemble. Bo Waterschot n’est pas en reste. Elle plonge dans des improvisations pleines de groove pour élargir encore l’espace. Jamais, cependant, le trio ne tire en longueur une forme qui pourrait devenir redondante. Intelligence des dosages.

Avant de s’envoler vers l’Amérique du Sud et ses choro aussi sensuels qu’enflammés, le trio propose un morceau plus atmosphérique, émouvant et presque cinématographique. On en aurait presque la chair de poule. Qui aurait pu prétendre que les percussions pouvaient être aussi douces et harmonieuses ?

On termine donc en s’amusant et en battant du pied et des mains jusqu’au final. En rappel, et à la surprise générale, on aura droit à un « all star » de tous les percussionnistes invités pour ce festival (ne manquait à l’appel que Fred Malempré, retenu en concert ailleurs). Chacun choisi un instrument et tout le monde improvise une samba festive.
La musique, la décontraction, l’humour, l’amitié…

Bref, c’était le bonheur ce mardi 29 mars au Marni.

A+

Merci à ©Didier Wagner pour ses belles images.

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