Nicola Andrioli ‘Skylight’ feat. Kurt Rosenwinkel – au 140

Dimanche soir, au 140, dans le cadre des Jazz Tour, Nicola Andrioli présentait son dernier album en compagnie du bassiste électrique Federico Pecoraro, du batteur Adrien Verderame et… du guitariste Kurt Rosenwinkel !

Nicola s’est fait plaisir en invitant le célèbre musicien américain. Un rêve qu’il caressait depuis longtemps et qui s’est réalisé (presque à sa grande surprise) ! De plus, Rosenwinkel n’a pas joué le rôle que de l’invité. Il s’est investi dans le projet, dès le début et très spontanément. Il a même proposé d’éditer le disque (Skylight) sur son propre label Heartcore. Belle preuve d’investissement et de confiance.

Le public est bien au rendez-vous. Le théâtre a fait le plein.

Le premier morceau («Bright Sparks» ??) monte rapidement en puissance, dans un esprit «symphonique», par couches successives. Ça bouillonne d’emblée… Mais Kurt Rosenwinkel ne précipite pas les choses, on dirait qu’il calme les ardeurs du trio bourré d’énergie. Mine de rien, il impose sa patte, tout en retenue ou en impros ébouriffantes pleines d’inventivité et de singularité, comme sur «Tom’s Garden», par exemple.

«For Rico» (dédié au bassiste du groupe) est découpé, façon blocs  stop and go. C’est vif et nerveux. La basse, évidemment, est rapidement mise à l’honneur. Et on ne peut s’empêcher de penser à Pastorius, bien entendu. Andrioli, fabuleux d’aisance, fait voyager le thème, au piano d’abord puis au Fender Rhodes et finalement aux synthés.

Le groupe enfonce ensuite le clou dans le jazz fusion façon Weather Report ou Return To Forever. Ce qui est suggéré sur l’album est, ici en live, beaucoup plus appuyé. Peut-être un peu trop à mon goût, je l’avoue. L’esthétique vintage prend un peu trop le dessus et étouffe quelque peu les compositions. Bien sûr, Andrioli ne cache pas ses intentions et ne boude pas non plus son plaisir de jouer sur les claviers électriques et électroniques (de façon virtuose et inventive). «Espresso» s’emballe. Le son du synthé fait corps avec celui de la guitare de Rosenwinkel. La pâte sonore est encore plus dense, presque cosmique…  Mais je préfère nettement lorsque le piano retrouve sa place. Question de goût, sans doute. Dans ces moments-là, tout s’ouvre et respire. La guitare de Rosenwinkel n’en devient que plus brillante.

Ce qui est différent par rapport au disque également, c’est la présence d’Adrien Verderame derrière la batterie (à la place de Stéphane Galland, souffrant). Le jeu de celui-ci est tout aussi nerveux et dense, mais son approche dans les nuances a quelque chose de très chaleureux, de charnel même ! Il colore admirablement l’ensemble, il est attentif aux moindres digressions et aux changements d’atmosphères. Épatant.

Le groupe continue sa route, nous embarque dans un voyage céleste («Moon») ou presque élégiaque («Foxes In The Night») et puis s’éclate dans un final fougueux.

Et le bonheur se lit sur le visage des musiciens… et du public.



A+

Merci, une fois de plus, à ©Roger Vantilt pour les belles images.

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