Eliott Knuets – Next Generation à Bozar

J’avais déjà croisé plus d’une fois Eliott Knuets dans différents clubs, en spectateur, curieux et passionné. Puis, j’ai eu l’occasion de l’entendre sur scène lors du concours des jeunes talents au Dinant Jazz Festival. Impressionnant de maturité et de décontraction. Ce jeune guitariste a 18 ans à peine (il termine ses humanités – le bac, pour les français). Pourtant, il a déjà joué avec Wynton Marsalis (!!), le Jazz at Lincoln Center Orchestra ou avec le BJO ! Et il vient d’enregistrer son (très bon) premier disque (Introducing Eliott Knuets – Heptone Records) avec Olivier Collette (p), Daniel Jonkers (dm), Sam Gerstmans (cb), Peter Hertmans (eg) et Stéphane Guillaume (s)… Excusez du peu.

Et ce dimanche matin, à 11 heures, dans le cadre de « Bozar Next Generation », il a rameuté dans la belle et grande salle Henry Le Bœuf de Bozar pas moins de 300 personnes !

Et le voilà qui entre sur scène, pas du tout impressionné, toujours aussi décontracté et souriant, entouré des mêmes Sam Gerstmans et Peter Hertmans et au piano, cette fois, un autre jeune phénomène : Wajdi Riahi.

La première bonne idée, c’est de jouer totalement acoustique. La seconde, c’est de jouer pour le plaisir. En six morceaux principalement composés par lui-même – du swing bien balancé, des balades subtilement dosées, des mélodies limpides et des harmonies sophistiquées – Eliott Knuets conquiert le public.

Le jeu est fluide, le phraser souple, autant inspiré d’un Kenny Burrell que d’un Larry Coryell, avec un léger soupçon de Pat Metheny. C’est sinueux, inventif et généreux.

Le leader n’hésite d’ailleurs pas à laisser de grands espaces à ses complices.
Wajdi Riahi en profite, sourire aux lèvres, pour improviser et colorer magnifiquement l’ensemble (phénomène à suivre, je vous dis). Sam Gerstmans, solide et idéal dans ce contexte s’amuse de solos capiteux ( « Strange Feeling », entre autres). Peter Hertmans, lui aussi, peut s’exprimer pleinement. Et il s’amuse, en toute humilité, à croiser le fer avec Knuets. C’est quand même lui le professeur, celui qui sait repérer les talents et qui, en fin pédagogue, les amène à se révéler. La preuve.

Il émane de ce quartette un profond respect mutuel, un sens de l’amitié et surtout un amour immodéré du jazz et du partage.

Sans jamais être dans la démonstration, Eliott exécute des figures complexes qui paraissent évidentes. Des figures utiles, surtout. Pas d’esbroufe. « Happy Tune », « Circles », « Maël » ou « Eliottism » (écrit par Hertmans) s’enchaînent avec volupté.

Forcément, après tout ça, le public réclame un rappel. Et là… surprise ! Notre Eliott, qui sait ce que le mot « amis » veut dire, invite Maël Mercier (p), Simon Comté (ss) et Jonathan Collin (cb) à venir partager un tout nouveau morceau, écrit spécialement pour l’occasion : « Bozar Theme ». Et il ne s’agit pas ici, d’un simple thème. Eliott s’est creusé la tête… ou s’est laissé aller, c’est selon.

Cela permet, en tout cas, de mettre en lumière le talent de Simon Comté. Celui-ci sautille, se tortille, oublie sa timidité et s’expose totalement. Et c’est bon !

Tonnerre d’applaudissements amplement mérités.

Quelle belle équipe. Que de beaux talents. Quel bel avenir.

Ça promet, ça promet. Merci les jeunes.

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