Soledad Kalza et Sina Kienou – Café Kafka

Le dimanche 30 janvier après-midi, au Café Kafka, on ferme le rideau qui sépare le bar de la salle de concerts pour être entre nous. Pour créer plus d’intimité. Pour profiter au mieux de la musique et de la poésie engagée de Soledad Kalza et Sina Kienou.

Le duo s’est rencontré et formé voici presque trois ans, au Burkina Faso.

Si Soledad a déjà bourlingué sur les scènes de théâtre, de jazz et des musiques du monde en Europe et en Afrique, Sina est un guitariste burkinabé surdoué qui a joué un peu partout en Afrique et en Europe avec son frère Badenya, notamment.

Les deux artistes se sont vite trouvés des points communs. Ensemble, ils proposent une musique qui mélange les genres et les couleurs. Le rêve et l’espoir. Leur désir est de créer un monde où les gens pourraient tous se rencontrer sans contrainte, se comprendre, s’aimer. Une utopie à l’image de cette île chimérique, « Youkali », qu’imagine Kurt Weil dans sa chanson et que le duo interprète d’ailleurs sur scène.

Ce qui touche et impressionne au premier abord, c’est la voix de Soledad. Une voix qui émeut. Une voix claire, brillante, modulée. Forte et fragile à la fois où le grave côtoie le spirituel.

C’est un mélange de rires, de pleurs, de fado, de flamenco, de blues, de chants africains, de musiques tzigane ou d’Amérique latine.

Ce qui impressionne et touche aussi, c’est le jeu singulier de Sina. Sans jamais regarder sa guitare, laissant ses doigts courir sur le manche, les yeux fixés sur le visage de Soledad, comme inspiré par elle, comme un amoureux fou, il invente et improvise sans cesse. Il mélange au style mandingue (ce mode africain particulier) le blues, le manouche, la pop, l’afro cubain, la milonga ou la bossa. Et tout fonctionne. C’est évident, toutes ces musiques ont les mêmes racines. Alors, il donne des couleurs incroyables à chacun des morceaux sans jamais les dénaturer, bien au contraire, car tout est guidé par la nature. C’est l’essence même de la musique. D’ailleurs, chaque rythme est inspiré par le vent, l’eau, la démarche des animaux, le galop des chevaux, le butinement des insectes.

Dans ce contexte et cet esprit hors du commun, le duo peut se permettre d’aller visiter Rainer Maria Rilke, Grisélidis Réal, Philippe Wamba, Nina Simone, Kurt Weil, Victor Démé.

En anglais, espagnol, français ou africain, Soledad chante les injustices, les amours impossibles, les espoirs et tous les combats qui vont avec. On a la gorge serrée, une larme coule, le cœur gonfle, on sourit et on applaudit.

C’est la musique du cœur et de la sincérité. Une musique presque inclassable et pourtant universelle, pleine d’influences, de parfums, de vrais sentiments. Bref, c’est une chose qui ressemble à la vraie vie.



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