Glass Museum, Alfa Mist, St6cks – Brussels Jazz Festival – Flagey

Samedi 11 janvier, la soirée du Brussels Jazz Festival était consacrée au jazz «émergeant» (ce qui veut tout et rien dire), et elle a attiré la foule.

Au programme : trois «jeunes» groupes qui ne veulent pas se laisser enfermer dans un genre (mais qu’est-ce que cela veut dire en jazz ?).

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Au Studio 1, le jeune duo belge Glass Museum, qui cartonne depuis sa victoire au Tremplin du Dour Festival en 2016, a rempli la salle. Antoine Flipo aux claviers et Martin Grégoire aux drums et électro se font face.

Battements réguliers et répétitifs, rythmes binaires et tempi haletants sont les bases offertes par le batteur au pianiste qui «improvise» et arrose les compositions de nappes synthétiques. Les morceaux s’enchainent, une fois, deux fois, sur le même principe et… la ficelle devient de plus en plus grosse. On essaie alors de varier un peu (quitte à frôler le kitsch involontaire), mais cela ressemble un peu trop à de la musique au kilomètre pour B.O… On pense un peu à Craig Armstrong ou à GoGo Penguin et on attend les surprises. Ni tout à fait jazz, ni tout à fait rock, ni tout à fait électro, ni tout à fait musique symphonique, ni tout à fait… Bref, je reste sur ma faim. Il semblerait que ce ne soit pas trop ma tasse de thé.

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Je pensais me rattraper avec Alfa Mist, le mystérieux claviériste et producteur anglais qui mélange soul, down tempo et hip-hop et à qui Flagey a offert le Studio 4. Autour de lui, il y a une bassiste, un batteur, un guitariste et un saxophoniste.

Si ça marche en «musique de fond» chez soi à la maison, sur scène c’est moins évident. A part un moment plus touchant – quand le leader se met au piano et évoque le «voyage» de ses parents vers la Grande Bretagne – le concert ne décolle jamais et s’enfonce dans la redite. Les musiciens sont «raides», la complicité est presque inexistante, tous tirent la gueule, ça manque réellement de fluidité et de sensations. Et les solos, basiques – voire inutiles -, n’arrangent rien… Déception.

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J’étais donc impatient de découvrir, dans le lobby de Flagey, ce que nous réservaient les trois batteurs de St6cks : Lander Gyselinck, Antoine Pierre et Mark Schilders. Le groupe s’est formé pour une unique occasion lors du Leuven Jazz l’année précédente. Pas de répétitions, pas de compos, mais de l’impro totale. Osé.

Après un début minimaliste qui se joue principalement sur les cymbales, la transe s’installe et se transforme rapidement en folie. Le public s’agglutine autour de la petite scène, remue, bouge, saute et commence à danser. L’intensité monte de plus en plus. Les trois musiciens inventent et réinventent les rythmes et les polyrythmies, accélèrent les tempi, varient les densités sonores. Ils n’ont pas peur de prendre des risques ni de s’aventurer dans l’inconnu. Chacun à leur tour, comme par télépathie, les batteurs prennent le lead. Les pistes s’ouvrent, les couleurs changent, Schilders envoie alors des infra-basses qui font trembler tout le bâtiment. Et le set se prolonge, encore et encore. Et le public en redemande… et les trois gaillards jouent jusqu’à l’épuisement…

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Non, c’est pas du jazz… et on s’en fout.
La soirée est sauvée, la musique, celle qui transpire la sincérité, a gagné.

Ouf.

A+

Merci à ©Olivier Lestoquoit pour les images

 

 

 

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