Macha Gharibian – River Jazz Festival- Marni

C’est reparti pour le River Jazz, le festival qui serpente entre le Marni, le Senghor et la Jazz Station ! 14 concerts répartis entre ces trois lieux et étalés sur le mois de janvier.

Le coup d’envoi avait lieu au Théâtre Marni – où se tenait également le vernissage de l’expo de Jean-Claude Salemi, dont les gravures sur lino sont de petits bijoux – avec le concert de Macha Gharibian.

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Entourée du contrebassiste canadien Chris Jennings et de notre Dré Pallemaerts national à la batterie, la chanteuse et pianiste franco-arménienne présentait son tout nouvel album Joy Ascension.

D’entrée de jeu, Macha Gharibian, qui se partage entre le piano et le Fender Rhodes, dévoile l’étendue de son territoire musical, c’est à dire un espace sans réelles frontières, ouvert aux vents de toutes les cultures.

« Georgia Mood » est une sorte de longue déambulation fouineuse et nostalgique, imprégnée de sentiments diffus, allant de l’excitation à la mélancolie. La pianiste affirme ensuite un peu plus ses racines avec « Freedom Nine Dance » qui s’inspire du folk arménien et de ses modes rythmiques si particuliers. Elle fredonne une mélopée incantatoire, tandis que Dré Pallemaerts déroule un drumming aussi alerte que feutré, avec sa façon unique de « laisser tomber » ou de faire rebondir baguettes et fagots sur les futs. Il accompagne, stimule, soutient, rassure, ajoute du relief. De son côté, Chris Jennings colore autant qu’il ancre les cadences souples. Il « trafique » même parfois sa contrebasse à l’aide de pédales, pour lui donner des effets de guitare synthé étonnants.

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Les paysages défilent sous des climats changeants. Les histoires prennent parfois des chemins assez inattendus, de façons parfois très abruptes. Le toucher de Macha peut être extrêmement lyrique et poétique et aussitôt après très percussif.

« Fight », en l’occurrence, est plutôt robuste. Le propos est direct et énergique. C’est presque binaire, mais les fulgurances et les esquives pour échapper à la redondance sont multiples. Macha Gharibian plaque les accords avec force et précision. Le jeu est déterminé et plein de caractère.

La pianiste quitte parfois son instrument pour venir chanter au-devant de la scène, et cette chanson d’amour, délivrée avec sobriété et délicatesse, est un pur moment de grâce. La voix est chaude, sans maniérisme, légèrement abrasive. Il en émane un sentiment étrange, rempli d’une sensualité qui n’a d’égal que la sincérité.

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Le trio continue de nous emmener dans ce voyage éclectique. « Joy Ascension » hésite entre folk, blues et soul. La reprise de « Fifty Ways To Leave Your Lover » de Paul Simon nous ramène à la pop, avant de repartir vers le classique ou la berceuse intimiste (« Anoushes » ). Il y a aussi ce « The Woman I Am Longing To Be », qui balance entre prière intime et marche funèbre et se mue finalement en un chant aussi plaintif qu’optimiste. Et pour conclure, ce tumultueux « Saskatchewan », qui est presque une synthèse des diverses influences de la chanteuse et de son esprit curieux, rassembleur et partageur.

Singulière, éclectique, presque dispersée mais pourtant très cohérente, la musique de Macha Gharibian est intéressante à plus d’un titre.

Voilà une artiste à suivre certainement et à revoir avec beaucoup de plaisir.

 

A+

Merci encore à ©Olivier Lestoquoit pour ses images.

 

 

 

 

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