4th Stream – Bozar

Deuxième édition du 4th Stream à Bozar.

On connaissait le troisième courant (qui mélange la musique classique et le jazz) initié par ce cher Gunther Schuller, et voici le quatrième, celui qui va encore au-delà et intègre au jazz l’électro, le funk, le hip-hop, la new-wave, le noise, le free, le spoken word, l’ambiant et le reste…

Étalé sur trois soirées, le festival avait invité une poignée d’artistes venant de France, des States, de Grande-Bretagne, de Hollande et de Belgique bien entendu.

J’y étais le 7 décembre, pour la dernière.

Au programme : Broos/Gyselinck/Laheye, Anteloper, AAN/EOP et Pulcinella (qui a malheureusement dû annuler sa venue suite aux grèves du rail en France).

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C’est l’effervescence dans le hall entre le Studio et la salle Terarken où se tiennent les concerts et c’est d’abord le trio de Niels Broos (claviers), Lander Gyselinck (dm) et Dries Laheye (eb) qui attire le monde devant la scène. Entre montée en puissance sur des rythmes tribaux revisités XXIème siècle et space jazz estampillé années septante, le groupe électrise rapidement la salle. C’est du gros son qui mélange groove obsessionnels, électronica et funk.

On passe de la spongieuse voie lactée aux vibrations abyssales les plus sombres en un éclair. Dries Laheye slappe avec un plaisir évident avant de se laisser couler sur les nappes psyché des Moog et autres synthés de Niels Broos. Quant à Lander Gyselinck, il use de sa science rythmique pour briser les tempos tout en gardant le groove intact. On y retrouve des accents à la STUFF., bien sûr, mais aussi des influences de Squarepusher, Amon Tobin ou, pourquoi pas, Sly Stone. Fun.

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Au Studio, le son n’est pas moins puissant. Jason Nazary martèle sa batterie comme un vulcain alors que Jaimie Branch – la dernière enfant terrible de la scène chicagoane et new-yorkaise –  se partage entre trompette et claviers. Casquette vissée de travers sur la tête et multi couches de survet’ Adidas sur le dos, elle ne tient pas en place. Les impros fusent de toutes parts. C’est brûlant et sans concession. Anteloper – c’est le nom du groupe – se fout des conventions et mélange le punk-rock à l’avant-garde jazz avec jubilation. Sur des tempos « hyperkinétiques » de Nazary, Jaimie Branch crache des phrases comme autant de cris de rage. Puis le duo nous embarque dans une transe électro, post-industrielle et bourdonnante. La trompette, en sourdine, scintille au-dessus d’un beat sourd et abrasif. C’est intense, souvent anarchique, les sons ne font que s’enchevêtrer sur des polyrythmies étranges et Jaimie Branch trouve encore de la place pour y placer quelques chants singuliers. Y a pas à dire, ça secoue.

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Retour dans la salle du bas avec AAN/EOP, qui propose un jazz electro funk presque totalement improvisé. On retrouve à la basse électrique Dries Laheye, à la guitare et aux nombreux effets électros, Bert Cools ainsi que son frère, Stijn Cools, à la batterie (très électro, elle aussi), et finalement Andrew Claes à l’Ewi et à la flûte. L’esprit est à la fête. On joue sur les distos, les rythmes complexes – et pourtant toujours groovy et funky – des loops presque vintages. Ça danse pas mal dans la salle, on se laisse porter entre deux mondes, deux univers (ou plus), bref par un certain quatrième courant.

On reviendra l’année prochaine écouter et voir où tout cela nous entraîne…

A+

 

 

 

 

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