Alain Pierre Solo – Sitting In Some Café au Cercle des Voyageurs

Il règne une ambiance amicale et bienveillante ce mercredi 24 novembre dans la bibliothèque du Cercle des Voyageurs. C’est l’écrin idéal pour la musique qu’est venu raconter Alain Pierre avec son tout nouvel album en solo Sitting In Some Café .

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Un concert solo, c’est un exercice sans filet. Il faut avoir quelque chose à dire et tenir la distance. Mais on peut faire confiance au guitariste, à sa sensibilité, à ses émotions et à son sens de la mélodie.

Alain Pierre s’installe seul sur son tabouret, sans aucune partition devant lui. Tout est dans sa tête. Et il doit s’en passer des choses dans sa tête ! Des images, des couleurs, des rencontres, des visages, des gestes, des parfums, des lumières… C’est cela qu’il raconte avec sa guitare. Des moments tendres, des moments tristes, des moments forts, des moments plus légers et plus futiles aussi. Des moments de vie qu’il nous laisse imaginer.

Avec quelques mots d’explications, simples, sensibles et pleins d’humour, il nous ouvre son livre d’histoires.

«Beer, Heath and Smoke» est une sorte de blues sur lequel, régulièrement, ses doigts caressent et perlent sur la douze cordes, comme pour passer au chapitre suivant ou recommander avec nonchalance une autre tournée. «French House» est plus folk tandis que «Les Jardins de Saint-Estèphe» est plus voluptueux. Oui, on fait le tour des bars. Mais pas pour picoler. Pour se rencontrer, se parler, se remémorer… On croise «Jon and John», dont on n’en saura pas plus, mais dont on imagine la richesse de la relation. Puis, avec «Sitting In Some Café», on observe les va-et-vient. On s’imagine des vies et des histoires de gens qui se cherchent, de gens qui s’aiment, de gens qui se perdent aussi.

Pour coller au mieux à tous ces récits et ces instants volés, Alain Pierre utilise différentes guitares. Mais ce n’est pas pour faire une démonstration ni une performance technique (il s’agit pourtant de maîtrise), c’est pour servir au mieux la musique.

«Toboggans», entre tarentelle et menuet, se veut joyeux, «Café de Paris, Tunis» – sur une guitare sèche fretless qui sonne comme un oud – laisse éclater toute la chaleur des quart de tons sur un rythme langoureux et sensuel. Quant à «Waiters Race», plus vif et légèrement vacillant, il nous plonge dans les vapeurs d’une brasserie imaginaire.

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Même s’il se présente en solo, Alain Pierre a su s’entourer de belles personnes pour faire de ce projet, non seulement un très beau disque, mais aussi un très bel objet. Il y a d’abord le son parfait de Vincent De Bast et l’oreille attentive et critique d’Antoine Pierre. Mais aussi les photos puissantes d’humanisme de Pascal Ducourant, le texte poétique de Patrick Pierre, le graphisme parfait et le dessin dépouillé (un simple trait comme une corde de guitare) de Leslie Leoni (alias miss Brock n Roll).

Oui, l’objet est vraiment beau et, à l’heure de la dématérialisation et du digital à outrance, l’effort mérite d’être souligné.

Pendant près de deux heures, Alain Pierre nous a fait voyager et sa musique nous a donnée vraiment envie d’aller nous assoir avec lui, quelque part, dans un café, et de regarder le monde. Ou de l’écouter nous en parler.

Le moment était beau. Il a commencé par «Seul compte l’instant présent» et s’est terminé par «L’éphémère». Tout est dit.

A+

 

 

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