E.J. Strickland Quintet à l’Archiduc

Ce dimanche 25 novembre à l’Archiduc, le batteur américain Enoch Jamal (dit E.J.) Strickland présentait son dernier et excellent album Warriors For Peace (Jammin’colorS Records).

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Tout commence par une intro à la batterie, comme pour donner la direction ou déterminer un objectif. Taber Gable, au piano, emboite le pas, fixe le riff obsédant de « Uvumilivu » et entraine dans son sillage Jaleel Shaw à l’alto, Jure Pukl au ténor et Linda Oh à la contrebasse. Ça joue sans concession et l’Archiduc s’enflamme déjà.

Avec « Midnight Clearing », c’est cette fois Jaleel Shaw qui, ne ménageant pas ses efforts, emporte tout sur son passage et ouvre la voie à un duo/duel entre le piano et la contrebasse. Tension, résolution, explosion, tout se met en place avec une agilité incroyable. Le ténor arrache les notes, les racle même. Le morceau agit comme une vague qui se retire pour mieux revenir, encore plus puissante. Confiné dans la relative exiguïté de l’Archiduc, le public est captivé par la performance, par l’ambiance et par cette folle intensité.

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Il faut bien un morceau un peu plus calme pour nous remettre de nos émotions. Mais il ne s’agit ici que d’une brève respiration car le thème suivant est déjà là et s’embrase rapidement. A l’unisson, alto et soprano s’élèvent dans une spirale sans fin, jusqu’à la cassure. Derrière, tandis que le piano claque les accords, Linda Oh tire les cordes avec ferveur et E.J. Strickland fouette les peaux et les cymbales.

Il faut voir les sourires sur les visages des musiciens, les regards entendus, les petits signes de têtes pour s’encourager, passer le relais, aller plus loin.

Après le très boppant et swinguant « Coexistance », le quintette rend un hommage sensible à Roy Hargrove. Il faut dire que le trompettiste récemment disparu faisait partie intégrante de la famille. « New Joy » se révèle alors touchant et poignant sous les doigts du pianiste Taber Gable. Le magnifique solo qui s’ensuit, plein de nuances et de luminosité de Linda Oh ne fait qu’ajouter à l’émotion du moment. L’instant est superbe.

E.J. Strickland et ses compagnons reprennent alors leur périple au travers de « Understand What I Mean », « Warriors For Peace », « Abandoned Discovery » et autres titres de ce nouvel album que je ne peux que vous recommander.

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La musique de E.J. Strickland n’est pas une musique de rage mais bien de combat et de réflexion. On y ressent, au fil d’un discours passionné, toute l’énergie contenue, tout ce trop-plein de colère mais d’optimisme aussi. Les cuivres jouent souvent à l’unisson pour bâtir une solide base rythmique et mélodique, et permettre ensuite aux solistes de se libérer complètement. C’est puissant et inarrêtable. Cette musique déboule sur vous en force et vous entraîne, vous emmène. Vous êtes pris dans le courant et vous accompagnez véritablement le groupe dans sa quête à vouloir nous secouer et nous remettre les idées en place. Toute résistance est inutile (d’ailleurs, pourquoi résister ?).

Un disque passionnant et un concert qui tient toutes ses promesses. Quoi de mieux ? Comme on dit en anglais : « That music blows your mind »…

A+

 

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