James Farm – Bozar

Le groupe de Joshua Redman (mais, en est-il le leader ?) existe depuis près de dix ans et n’a, étonnamment, sorti que deux albums (James Farm en 2011 et City Folks en 2014).

James Farm est, en fait, un groupe d’amis (Aaron Parks, Matt Penman et Eric Harland) qui se retrouve épisodiquement. Cette année, ils étaient en tournée en Europe et faisaient un crochet par Bruxelles, à Bozar. Et bien entendu, c’était sold out. On se demande d’ailleurs pourquoi avoir choisi la salle de Musique de Chambre plutôt que la grande salle Henri Le Bœuf ? Quoique. La salle de cinq cent personnes est beaucoup plus intime et, finalement, convient particulièrement bien à la musique de James Farm.

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Cette musique, elle a du corps et du caractère. Si le premier morceau est très arrangé et très écrit (« Coax »), le second (« Polliwog ») est bien plus direct et terriblement groovy. Sur ce tempo enlevé, Joshua Redman se lance rapidement dans des chorus qu’il affectionne. Il se jette dedans, comme il se jette presque hors de la scène pour laisser le reste du groupe contrôler la machine lancée à plein tube. Eric Harland use de tout un attirail (clochettes, woodblocks, chaînettes, casseroles) pour enrichir son langage percussif. Il pondère puissance et finesse avec beaucoup d’intelligence. Aaron Parks, quant à lui, attise le feu et la musique prend encore plus d’épaisseur et d’amplitude.

« North Star » n’en finit plus de tourbillonner dans une spirale ascensionnelle. Matt Penman passe d’un jeu en pizzicato vers l’archet, ajoutant ainsi une certaine gravité dans le propos. L’équilibre entre tension, fougue et mélodie est parfaite.

Cette musique rend heureux et vous emmène dans un voyage excitant, à la fois surprenant et bienveillant. Sur scène, les sourires s’échangent, Joshua et ses compagnons sont visiblement heureux de partager le moment. Le saxophoniste, au moment de présenter les musiciens, en profite pour s’amuser des embouteillages bruxellois dans lesquels il a, apparemment, passé beaucoup de temps. Mais, visiblement, cela n’a pas entamer sa bonne humeur ni son énergie.

Le quartette continue donc le parcours, avec « Farm » aux accents americana. Le son est limpide, les mélodies se dessinent avec clarté. Les improvisations collectives se fondent en douceur dans un groove très soul. L’ambiance ne cesse de monter. Alors, Eric Harland lance le beat, sec et tacheté, de « Two Steps », le morceau « star », celui qui sonne comme une marche triomphale. C’est simple. C’est efficace. C’est jubilatoire.

Il y a du groove, de la soul et des moments plus intimistes, dans les compositions de James Farm. C’est coloré et bigarré mais tellement élégant.

C’est que l’on en cultive des formes et des couleurs dans la ferme de James ! Et sur ces terrains-là, la musique ne prend jamais des chemins directs, elle sinue aux travers d’herbes hautes, des sols sablonneux ou gras. Elle se laisse emporter par des vents doux et vivifiants, sous des ciels nuageux et menaçants ou, au contraire, d’une pureté immaculée.

Après un long et jouissif rappel, Joshua et sa bande remercient encore une fois le public en lui souhaitant, dans un sourire entendu, un bon retour dans les… embouteillages. Chez James Farm, y a pas à dire, ça circule beaucoup mieux.

A+

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