Denise King au Music Village.

J’ai raté plusieurs fois la venue de Denise King en Belgique, que ce soit au Music Village – où elle a ses habitudes – ou au Théâtre Marni lors du River Jazz 2016.

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J’ai pu enfin me rattraper ce vendredi treize avril : Denise King était de retour, pour deux soirs, dans «son» club, près de la Grand Place. Elle était accompagnée, pour l’occasion, d’Ivan Paduart au piano, Sal La Rocca à la contrebasse et Mimi Verderame aux drums. Une rythmique idéale pour elle, un trio soudé qui se connaît depuis des lustres et a qui «on ne l’a fait pas».

C’est d’ailleurs lui qui – comme le veut une certaine tradition – «chauffe» d’abord la salle avec un premier standard. Oh, bien sûr, Denise King n’a pas vraiment besoin de cela, car si il y a une chanteuse qui a du tempérament, c’est bien elle !

A peine arrivée sur scène, elle annonce la couleur : «Que ceux qui ont envie de taper dans les mains, de se lever et de danser ne se gênent pas, on est là pour passer un bon moment». Alors, comme pour montrer l’exemple, elle joint aussitôt le geste au chant sur un premier thème de Cole Porter.

Denise King, c’est le boss ! C’est elle qui dirige, qui mène et emmène le trio, comme un chef d’orchestre ! Elle bouge, se balance, danse, joue et cherche toujours le contact avec le public. Elle va littéralement le chercher.

Après ces deux ou trois morceaux pleins d’énergie, elle entame «Skylark » qui nous rappelle Ella Fitzgerald mais aussi et surtout Aretha Franklin. Il y a, dans l’interprétation de Denise King, autant de sensibilité et de détresse que de force et de luminosité.

Elle est soul, elle est blues, elle est gospel. Elle souffle le chaud et le froid, manie l’humour et la tendresse avec autant de bonheur.

Sur un blues d’enfer, elle réussit, sans forcer, à faire taper le public dans les mains puis à le faire se lever et danser, avant de le charmer avec l’enjôleur «At Last» d’Etta James. Et puis elle enchaine : «All The Things You Are», «You Don’t Know What Love Is», «East Of The Sun (And West Of The Moon)», «Good Morning Heartache»… Bref, tout le Great American Songbook défile et «Cantaloup Island» se mélange même à «Satisfaction».

Mimi Verderame s’en donne à cœur joie, il frappe, swingue, retient, relance. Sal La Rocca, le pilier, épouse avec beaucoup de justesse et de musicalité les moindres variations. Quant à Ivan Paduart, il n’est pas en reste : son jeu est ferme, volubile, aérien et d’une grande mobilité.

C’est chaud !

Denise King est une chanteuse qui sait ce que veut dire «jouer avec le public». Très ancrée dans la tradition, elle ne surjoue pas, elle n’imite pas… Mais elle met tellement de conviction et tellement de sincérité dans ses interprétations, qu’elle fait siennes toutes ces histoires d’amours, de ruptures, d’humeurs et de combats, que Sarah, Ella ou Billie ont racontées avant elle.

Un sacré bout de femme !

A+

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